Etape importante dans le projet la route du roseau, aller voir une nouvelle fois (car nous l’avions déjà fait en 2013), où pousse le roseau destiné à la fabrication des flûtes de Pan et aussi le bambou utilisé dans les instruments de taille plus importante tels que le mohoceño.

Nous partons donc avec mon ami Adrien pour les Yungas, la Ceja de Selva, cette fois en descendant vers Quime en partant de la route principale La Paz-Oruro.

Dix heures de route nous attendent depuis la capitale dans un vieux bus déglingué, je suis le seul étranger dans ce véhicule ou voyagent différentes personnes qui vont s’enfoncer plus ou moins loin dans la forêt, dans ces régions où l’on cultive café, cacao et surtout coca.

Nous arrivons tard le soir à Licoma où nous trouvons un logement sommaire mais sympathique, puis de quoi nous restaurer.

Nous savons ce que nous sommes venus chercher à savoir des plants de roseau et de bambou mais par contre où aller ?


Dès le lendemain matin nous questionnons les gens que nous rencontrons, tous très ouverts et finissons par trouver Luis qui accepte de nous emmener dans un endroit qu’il connaît où pousse beaucoup de roseau. Grâce à lui nous découvrons ces zones où pousse la matière première destinée à fabriquer les flûte de Pan. J’ai l’occasion de filmer et de faire des photos,  Adrien lui est tellement content qu’il emporte même des bambous et des semis mais je doute qu’il arrive à les pousser à l’altitude de La Paz…


Le contraste avec la capitale est fort, ici tout est calme, douceur, repos et disponibilité des habitants. Dans la journée 3 bus seulement traversent le village et à part l’entrée et la sortie des écoliers, le bourg est d’un calme reposant.


Nous y passons la journée, en profitons pour discuter avec les habitants, en particulier sur l’histoire de la région.

En effet, Adrien qui parle facilement et se fait vite des amis, se met à raconter l’histoire de l’ELDORADO, cette histoire mythique des Incas qui, apprenant l’arrivée imminente des « conquistadores » espagnols, auraient décidé de cacher tout leur OR dans la forê, dans une citadelle interdite et inconnue. L’histoire ou les légendes racontent, que cela aurait été fait dans cette partie de forêt des Yungas de Quime, à la fois proche des zones d’extraction de Potosi, centre du royaume du « haut-Pérou » et également cachette révée du fait de la végétation luxuriante et des conditions climatiques.

Nous rentrerons le lendemain pour la capitale, contents de notre collecte et de nos rencontres. Notre satisfaction nous permet d’endurer les 10 heures de bus dans des conditions toujours précaires.

Mais avant de repartir,  puisque nous sommes dans la région des Yungas où se pratique la culture de la coca, nous rendons visite à des « cocaleros ».

J’étais persuadé que nous serions reçus à coup de fusil et bien non ! car nous ne sommes pas dans la zone de production pour le narco-trafic mais dans celle destinée à la consommation locale.

Nous rencontrons Cristina qui possède un joli lopin de terre planté en coca et 2 ouvriers qui l’aident à désherber.

Le terrain de culture est très en pente, aussi, de façon très traditionnelle et suivant l’usage local très répandu, les plants de coca sont plantés sur de petites terrasses qui permettent de compenser la pente et de travailler plus confortablement.

René et son compagnon nous expliquent leur travail qui consiste aujourd’hui à désherber pour enlever les mauvaises herbes et faciliter la pousse des jeunes plants.

Mais ils ont surtout envie de nous racontent l’histoire des grands patrons (« latifundistas ») qui ont dû céder leurs terres lors de la révolution agraire des années 50.

Leur évocation nous fait penser à cette époque où cette région était sous l’emprise de ces grands patrons qui avaient droit de vie ou de mort et de cuissage sur les « peones ».

Les temps ont heureusement changé… les terres ont été redistribuées aux paysans qui peuvent aujourd’hui les exploiter en leur nom. Nombre d’anciens propriétaires fonciers sont d’ailleurs restés sur place, ce qui fait que cohabitent aujourd’hui dans cette zone, nouveaux propriétaires et fils des « patrones » de l’ancienne époque !

Retour donc à la capitale pour d’autres interviews avec fabricants d’instruments et musiciens pour finir le projet, puis rentrer en France pour « attaquer » le montage …