Première visite dans le cadre du projet « La route du roseau 2014 » :

Charazani, environ 7 heures de bus depuis La Paz en direction du lac Titicaca. Un village tranquille des vallées andines, qui se met en fête le 16 juillet de chaque année pour la procession de la Vierge. Ce n’est pas une fête de campagne mais plutôt une célébration de la Vierge à l’occasion de laquelle les résidents (en l’occurrence, les « prestes », c’est-à-dire les personnes plutôt fortunées du village ou originaires du village), invitent leurs amis et un groupe de musique traditionnelle.

Charazani est l’un des berceaux du « khantu », musique rituelle, un peu funèbre mais envoutante, entêtante, magique, que joue un « conjunto de sikuris » de 24 personnes plus celui qui donne le rythme avec un énorme triangle en fer forgé. Certains musiciens, les plus expérimentés s’accompagnent avec un gros tambour en bois et peau de mouton ou de chèvre.

Les musiciens se partagent différentes flûtes de taille variable, la petite s’appelle « chulli », la moyenne « malta » et la grande « sanka ». Chaque musicien répond à sa « moitié » qui possède l’autre partie des notes sur sa flûte. On dit en aimara « arca » et « ira ».

Les musiciens jouent en quinte, ce qui donne un côté un peu funèbre à ces musiques mais qui les rend envoutantes.

La veille de la procession est consacrée à la musique assortie de fortes libations. Le jour du 16, les musiciens accompagnent sur la place du village, la sortie de la Vierge, à qui l’on rend hommage à chaque coin de la place.

Le lendemain, chaque groupe de musique, rend visite aux autres « prestes » ou commanditaires de la fête. Les invités arrivent en nombre, il est d’usage que chaque personne amène au moins une caisse de 12 bouteilles de bière !

Les portes sont ouvertes, en échange, chacun est chaleureusement invité à partager le déjeuner. Le soir, aura lieu sur la place du village la « verbena », à savoir l’adieu des musiciens à la Vierge et au village.

Que ces musiques sont étranges mais séduisantes. Les groupes jouent chacun leur tour. Ils ne peuvent pas jouer ensemble car le facteur d’instruments accorde les flûtes en fonction des habitudes de chaque village et fait en sorte que chaque groupe ait son identité propre grâce à l’accord des instruments.

Cette année étaient invités les groupes de NINO CORIN, JATICHULLAYA et QUILLABAYA.

A l’année prochaine pour un nouvel hommage à la Vierge de Charazani.