Pitchanaki, région de Chanchamayo, selva central Pérou 08 août 2011

Après m’avoir raconté l’histoire passionnante et émouvante de la création de la coopérative et les péripéties concernant l’expédition du premier container, Doña Elisabeth répond maintenant à ma question fondamentale sur l’importance du concept de commerce équitable pour la coopérative et les producteurs.

« C’est le meilleur qui ait pu arriver aux coopératives, le commerce équitable nous accorde des avantages avec des prix idéaux et une formation continue, aussi bien la partie direction que l’exécutif.

k_Pitchanaki_vista_planta_platanos2.jpgDe plus, c’est grâce à la prime Flo que nous pouvons améliorer la qualité de notre production, le développement des infrastructures collectives (aires de séchage, camion de ramassage …). Par exemple, cette année, avec nos revenus, nous avons pu acquérir un terrain de 30 hectares d’une valeur de 125.000 $, pour des aires de séchage du café et aussi, une plantation de bananiers qui nous apporte des revenus importants et complémentaires grâce à la vente des fruits.

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Sur ce terrain, nous avons également installé un vivier de semis tant de plants de café que surtout d’arbres destinés au reboisement. Enfin, le commerce équitable nous permet d’améliorer le niveau de connaissances des sociétaires, de favoriser l’émancipation des femmes et leur prise de responsabilité au sein du couple. Vraiment, c’est un appui réel et concret ».

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« Quel est actuellement le prix qui est payé au producteur pour un café « especial » à savoir bio et labellisé Flo ? »
« Nous sommes aujourd’hui avec la montée des cours mondiaux à un prix d’environ 10 soles le kilo de café vert, ce qui représente environ 3€ ».

p_CEPROAP_tasas_de_interes_de_prestamos_a_socios.jpgPouvez-vous m’expliquer comment fonctionne le système de préfinancement des récoles ?
« Nous sommes maintenant financés par une banque péruvienne (AGROBANK) et parfois par l’importateur français LOBODIS. Agrobank nous prête à 1,9% mensuel et parce que nous avons des frais de gestion (avances d’argent puis récupération des fonds) et de structure, nous prêtons au producteur à 2,35% par mois .

Il faut savoir que les banques locales quand elles prêtent directement au producteur, le font à un taux de 3,5 à 4,5%. Nous apportons donc un réel service financier au producteur même si certains ne comprennent pas toujours bien que nous ayons des frais et que nous augmentions un peu le taux ».
(NOTE : les producteurs de La Merced m’ont parlé d’un taux d’intérêt à 5% et j’avais naïvement pensé que c’était un taux très intéressant parce que je n’avais pas compris que c’était un taux mensuel !)

q_CEPROAP_aviso_control_IMO2.jpgEn résumé, les avantages pour un producteur de faire partie de la coopérative sont:
Prime de développement versée à la coopérative qui permet le développement collectif (ressources, équipements …) et l’amélioration du niveau de vie individuel (formation, amélioration de la qualité donc des prix)
• Accès à des taux de préfinancement bien plus bas que ceux des banques locales

A titre d’exemple, l’importateur français Lobodis, achète à cette coopérative dans le cadre du commerce équitable. Le contrat garantit un prix minimum de 190 $ le quintal avec préfinancement de 60% de la valeur du container, à un taux de 7,50% annuel, ce qui comparé au taux de 1,9% mensuel obtenu habituellement, représente un vrai plus pour les producteurs.

C’est donc un travail important réalisé par la coopérative mais il reste du chemin à faire puisque Doña Elisabeth me confie que la coopérative capte seulement 60% de la production des sociétaires, le reste étant vendu « à la calle », à des acheteurs privés.

Sur ce, nous partons visiter les plantations car demain, pendant trois jours, ils attendent la visite de IMMO CONTROL, organisme chargé de l’audit de la production bio de tous les sociétaires.

Bernard BRUEL août 2011